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Identifier et formaliser les compétences transversales dans un référentiel de formation pour un master enseignement secondaire: Analyse des résultats : compétences et situations

Identifier et formaliser les compétences transversales dans un référentiel de formation pour un master enseignement secondaire
Analyse des résultats : compétences et situations
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Notes

table of contents
  1. Book Cover
  2. Title Page
  3. Editorial
  4. Introduction
  5. État des lieux
  6. Méthodologie
  7. Analyse des résultats : compétences et situations
  8. Conclusion
  9. Références bibliographiques

Analyse des résultats : compétences et situations

66Présentons maintenant les résultats de nos analyses en deux temps. Tout d’abord, nous comparerons le niveau des compétences transversales attendues en master avec celui prévu par le CEC. Ensuite, nous comparerons les niveaux attendus par compétence pour les étudiants en fin de master et le niveau auquel se positionnent les étudiants en second semestre de ce même master. Les résultats d’analyse nous donneront des perspectives sur le développement des compétences transversales actuellement en retrait et nous verrons comment développer ces dernières de manière plus ciblée dès le master.

Adéquation entre attendus et CEC

67Un professeur de français dans l’enseignement secondaire est traditionnellement détenteur d’un master, donc d’un niveau bac + 5 (ce mode de calcul en années d’études diffère de celui du CEC). Selon la nomenclature du CEC, les professeurs de français se situent au niveau 7.

2019Équivalence1969
1Savoirs de base
2
3CAPNiveau V
4BacNiveau IV
5 Bac + 2Niveau III
6 LicenceNiveau II
7MasterNiveau I
8DoctoratNiveau I
Tableau 3 : Correspondance des niveaux de qualification entre le cadre national 2019 et la nomenclature de 1969.

68L’entretien avec la directrice a fait ressortir des attendus concernant les compétences transversales aux niveaux suivants :

69
  • en niveau 3 : 1 compĂ©tence sur 11 (« Assurer les procĂ©dures et la qualité ») ;
  • en niveau 4 : 4 compĂ©tences sur 11 (« Agir face Ă  l’imprĂ©vu », « Piloter et/ou organiser l’activité », « CoopĂ©rer et favoriser la collaboration » et « DĂ©velopper des compĂ©tences ») ;
  • en niveau 5 : 2 compĂ©tences sur 11 (« Communiquer Ă  l’oral en une ou plusieurs langue(s) » et « Prendre en compte les usages sociaux et culturels ») ;
  • en niveau 6 : 2 compĂ©tences sur 11 (« Communiquer Ă  l’écrit en une ou plusieurs langue(s) » et « Utiliser les ressources numĂ©riques ») ;
  • en niveau 7 : 2 compĂ©tences sur 11 (« Construire son parcours professionnel » et « Traiter des informations et des savoirs »).

70La compétence « Gérer des données mathématiques, budgétaires et statistiques » a été écartée par la directrice étant donné qu’elle n’est pas travaillée dans le cadre du master.

71Les attendus de la directrice correspondent aux attendus de fin de cursus universitaire. Après le master, les étudiants suivent la formation de l’IFEN, où ils continuent ainsi à se former durant leur début de carrière. C’est pourquoi il n’est pas étonnant de voir un léger décalage entre ces attendus et le niveau 7 auquel se situe traditionnellement un professeur. Les attendus à des niveaux 3 ou 4, pour certaines compétences, s’expliquent par le fait que ce sont des compétences transversales qui sont développées tout au long du parcours professionnel dès les premiers stages ou formations pratiques. C’est le cas par exemple des compétences « Agir face à l’imprévu » et « Piloter et/ou organiser l’activité ». Leur niveau, relativement faible, attendu (niveau 4), est cohérent compte tenu du fait que les étudiants n’ont jusqu’à maintenant pu accomplir qu’un stage. Ces compétences sont amenées à se développer lors de leur prise de poste et lors de leur formation à l’IFEN.

72Naturellement, les compétences transversales représentent un domaine moins directement adressé dans les formations et donc leur développement est plus tributaire des expériences de terrain. En revanche quand nous nous référons aux savoirs disciplinaires des référentiels d’enseignants, le niveau 7 est atteint dans le master.

Comparaison des compétences attendues en fin de master avec les compétences des étudiants au second semestre

73Nous allons à présent comparer les niveaux de compétences attendus en fin de formation et mentionnés dans la partie « expérimentation » avec les niveaux acquis par les étudiants, sur les huit compétences, en fin de première année de master. Notre objectif est d’observer comment les compétences sont acquises au fur et à mesure de la formation et de relever si des adéquations ou des écarts sont d’ores et déjà visibles. Ces observations nous permettront de faire des hypothèses entre les compétences acquises et les enseignements. Par ailleurs, l’observation d’écarts importants nous permettra de réfléchir à des solutions pour remédier à ces derniers. En raison de cette classification et suite à l’entretien avec la directrice, ainsi que pour faciliter une meilleure prise en main du référentiel, nous avons écarté le niveau 8 des compétences pour l’expérimentation.

Compétences visées déjà atteintes par les étudiants au second semestre

74Pour les cinq compétences « Communiquer à l’oral en une ou plusieurs langue(s) », « Prendre en compte les usages sociaux et culturels », « Agir face à l’imprévu », « Piloter et/ou organiser l’activité » et « Construire son parcours professionnel », les prévisions de la directrice de master et l’estimation du niveau actuel des étudiants sont déjà en adéquation au second semestre du master comme l’indique le tableau récapitulatif (Tableau 4).

75Pour les compétences « Communiquer à l’oral en une ou plusieurs langue(s) » et « Prendre en compte les usages sociaux », le niveau 5 « Construit et anime des présentations liées à son champ d’action. Gère des interactions courantes, internes et externes » et « Facilite la compréhension individuelle et collective des usages liés à son activité » fait presque consensus pour la majorité des étudiants et la directrice. Quand on parle de « communiquer », on implique déjà une maîtrise linguistique et, sans doute, en raison de leur multilinguisme, certains étudiants ne maîtrisent pas toujours parfaitement la langue au cours de leurs études, néanmoins lexicalement, l’aisance des étudiants n’est pas remise en question. Cette même idée sur ces compétences a du sens car les étudiants vivent et étudient dans un milieu multilingue. Ils ont une éducation qui les a déjà bien formés dans ce domaine. En effet, les indicateurs de performance représentés par les niveaux permettent de caractériser les interactions internes/externes (auprès de qui, sur quoi, pour quelles finalités, etc.). Les étudiants stagiaires interagissent parfois avec un pair ou un parent d’élève ou doivent jouer le rôle de médiateur entre un psychologue et un parent d’élève, etc. La montée en compétences est identifiable par rapport à la complexité des interactions en jeu.

Intitulé des compétencesAttendus en fin de formationPourcentage d’étudiants du MES se positionnant à différents niveaux en fin du second semestre
Communiquer à l’oral en une ou plusieurs langue(s) 5Niv. 3 : 23,53 %
Niv. 4 : 17,64 %
Niv. 5 : 41,18 %
Niv. 6 : 17,64 %
Prendre en compte les usages sociaux et culturels 5Niv. 1 : 5,88 %
Niv. 2 : 11,76 %
Niv. 4 : 29,41 %
Niv. 5 : 29,41 %
Niv. 6 : 17,64 %
Niv. 7 : 5,88 %
Agir face à l’imprévu4Niv. 2 : 11,76 %
Niv. 3 : 11,76 %
Niv. 4 : 29,41 %
Niv. 5 : 11,76 %
Niv. 6 : 23,53 %
Niv. 7 : 11,76 %
Piloter et/ou organiser l’activité 4Niv. 3 : 17,64 %
Niv. 4 : 35,30 %
Niv. 5 : 23,53 %
Niv. 6 : 23,53 %
Construire son parcours professionnel 4 ou 7Niv. 1 : 5,88 %
Niv. 2 : 5,88 %
Niv. 4 : 29,41 %
Niv. 5 : 5,88 %
Niv. 6 : 23,53 %
Niv. 7 : 29,41 %
Tableau 4 : Comparaison des positionnements sur des niveaux de compétences : compétences visées déjà atteintes.

76Concernant la compétence « Construire son parcours professionnel », que ce soit du point de vue de la directrice ou des étudiants, les avis sont partagés entre le placement en niveau 4 (« Planifie la ou les étapes de mise en œuvre de son parcours professionnel ») ou niveau 7 (« Analyse et oriente ses choix de carrière au regard de ses compétences »). La directrice explique ce saut par un descripteur en niveau 5 (« Fait le bilan de ses compétences au regard de son champ d’action ») trop exigeant pour les étudiants dans la mesure où leur champ d’action n’est pas encore bien déterminé car encore en construction, alors qu’elle estime leur niveau au second semestre déjà en 6 (« Mobilise des ressources et des opportunités pour son évolution professionnelle ») et considère qu’ils sont capables de remplir les demandes du niveau 7 (« Analyse et oriente ses choix de carrière au regard de ses compétences ») en fin de master.

77Pour ceux qui se sont néanmoins directement positionnés en 7 sur la compétence « Construire son parcours professionnel » en milieu de master à un niveau en réalité attendu en fin de master, cela n’est pas étonnant dans la mesure où cette compétence est censée être développée dans le cadre du stage qui a été effectué quelques mois auparavant par les étudiants (à l’issue du premier semestre du M1).

78En ce qui concerne la compétence « Agir face à l’imprévu », la directrice attend un niveau 4 de la part des étudiants en fin de master et précise qu’il leur faudrait plus d’assurance pour se positionner au niveau 5. Nous observons que quand il s’agit de se positionner « globalement », les étudiants s’autoévaluent bien au niveau 4. Toutefois, quand il s’agit d’utiliser le référentiel avec une entrée par situation (terrain), ce que nous avons fait lors de la première partie de l’expérimentation portant sur les étudiants en master, ils se positionnent au niveau 5. Cette compétence se mobilise dans le cadre de l’organisation de l’activité, ou au sein d’une interaction. Ce point éclaire la démarche par rapport à l’entrée situationnelle car une compétence transversale n’est jamais mobilisée toute seule.

79Nous observons également un positionnement différent de la part des étudiants en fonction du contexte pour la compétence « Piloter et/ou organiser l’activité ». La directrice attend un niveau 4, mais elle explique que quand les étudiants arrivent à l’IFEN, il leur est demandé de remplir des tâches qu’ils ne savent pas faire. Les étudiants ont bien aussi montré ce « fossé » puisqu’ils se sont majoritairement placés en niveau 3 sur le terrain, alors qu’ils se placent en niveau 4 lors d’un positionnement global.

Vers une adéquation complète avec les prévisions du master

Intitulé des compétencesAttendus en fin de formationPourcentage d’étudiants du MES se positionnant à différents niveaux en fin du second semestre
Communiquer à l’écrit en une ou plusieurs langue(s)6Niv. 3 : 6,67 %
Niv. 4 : 13,33 %
Niv. 5 : 40 %
Niv. 6 : 33,33 %
Niv. 7 : 6,67 %
(Seulement 15 étudiants sur les 17 se sont exprimés pour cette compétence)
Utiliser les ressources numériques6Niv. 1 : 5,88 %
Niv. 2 : 17,64 %
Niv. 3 : 17,64 %
Niv. 4 : 41,17 %
Niv. 5 : 11,76 %
Niv. 6 : 5,88 %
Tableau 5 : Comparaison des positionnements sur des niveaux de compétences : vers une adéquation complète avec les prévisions du master.

80Nous pouvons constater que pour les compétences « Communiquer à l’écrit en une ou plusieurs langue(s) » et « Utiliser les ressources numériques », les étudiants se situent un ou deux niveaux en dessous des attendus.

81Si nous considérons la compétence « Communiquer à l’écrit en une ou plusieurs langue(s) » dont les descripteurs pour les niveaux 5 et 6 sont respectivement «Produit des textes informatifs et explicatifs pour son périmètre d’action » et « Traite et produit des documents relevant de son domaine d’intervention », le décalage n’est pas surprenant dans la mesure où les tâches prises en compte par la directrice pour positionner les étudiants en fin de parcours à un niveau 6 sont les suivantes : l’élaboration de devoirs en classe, la création d’activités pour les élèves, le rapport de stage et le mémoire dans lequel des connaissances nouvelles sont apportées. Or, les étudiants n’en sont qu’à la moitié de leur parcours et n’ont pas encore entamé l’écriture de leur mémoire ni participé aux ateliers en vue de sa rédaction.

82Par ailleurs, d’après les justifications apportées par les étudiants pendant l’expérimentation, nous pouvons observer que ceux qui se sont positionnés en niveau 5 ne prennent en considération que des situations de classe tandis que ceux qui se positionnent en niveau 6 prennent en considération, pour la plupart, les tâches réalisées en tant qu’étudiant en cours d’obtention d’un niveau d’études bac + 5. De plus, les étudiants qui englobent les deux situations (stage et études) se positionnent également au niveau 6. La rédaction des mémoires de bachelor, la lecture de textes académiques en plusieurs langues ou bien encore la rédaction de dossiers font partie des justifications apportées à leur placement à ce niveau 6, voire 7 pour l’un d’entre eux. A priori, le décalage sur cette compétence est dû à l’usage auquel les étudiants se réfèrent. C’est-à-dire que certains se sont positionnés dans leur environnement professionnel, et d’autres, dans leur environnement académique (professionnalisant). Les deux se justifient, et comme deux étudiants l’ont fait remarquer, l’un n’exclut pas l’autre, se positionnant respectivement en 6 et 7 avec les explications suivantes :

83
  • suivi d’un parcours scolaire plurilingue ;
  • pendant le stage, explications potentiellement dispensĂ©es en deux langues (allemand et luxembourgeois) s’il y a des difficultĂ©s ;
  • suivi de cours universitaires en allemand, donc mails du dĂ©lĂ©guĂ© adaptĂ©s au destinataire et Ă  la langue utilisĂ©e ;
  • rĂ©daction aussi bien de fiches de cours que de travaux acadĂ©miques9.

84Pour la compétence « Utiliser les ressources numériques », les étudiants doivent, à la fin du master, être capables de choisir un outil numérique par rapport à un objectif d’apprentissage lié au programme. Le niveau 6 « Évalue le choix et l’utilisation des ressources numériques mobilisées dans les activités des équipes » est le niveau attendu en fin de master, tandis que les étudiants se situent au semestre 2 en niveau 4, « Personnalise les ressources numériques au service de sa situation et de ses besoins ». L’identification des compétences des étudiants dans leur parcours personnel et professionnel va de soi : « J’ai uniquement utilisé Teams ainsi que l’Ipad du professeur pour projeter l’activité et transmettre tous les documents nécessaires sur les Ipad des élèves. » Les étudiants sont relativement conscients de leur marge de progression dans ce domaine comme le montre cette étudiante : « En découvrant tous les outils numériques qui existent de nos jours, je m’efforce de les utiliser car je sais que les nouvelles générations les maîtrisent plutôt bien et que cela éveille leur intérêt. » Leur positionnement se renforce suite à la corrélation entre la fin de leur stage et la progression du module « Didactique de la langue et des médias » : « Pendant mon stage, je n’ai utilisé aucune ressource numérique à part une vidéo une seule fois et je le regrette. Maintenant grâce à ce cours j’ai découvert plein de nouvelles possibilités d’enseignement grâce aux outils numériques présentés dans ce cours. »

85Au moment où nous avons réalisé l’expérimentation, les étudiants étaient toujours en cours d’acquisition des notions et techniques liées à l’utilisation des médias dans l’enseignement.

Décalage important entre les attendus de la directrice et le positionnement des étudiants au second semestre

Intitulé des compétencesAttendus en fin de formationPourcentage d’étudiants du MES se positionnant à différents niveaux en fin du second semestre
Traiter des informations et des savoirs7Niv. 3 : 5,88 %
Niv. 4 : 41,17 %
Niv. 5 : 35,29 %
Niv. 6 : 17,64 %
Tableau 6 : Comparaison des positionnements sur des niveaux de compétences : décalage important entre les attendus de la directrice et le positionnement des étudiants au second semestre.

86Le tableau nous montre que le niveau attendu pour la compétence « Traiter des informations et des savoirs » est le niveau 7. Les étudiants se positionnent pour la majorité en niveau 4 (41,17 %) et en niveau 5 (35,29 %).

87Le décalage peut se justifier par le fait que la compétence « Traiter des informations et des savoirs » est particulièrement développée lors de la rédaction du mémoire de master en semestre 4. Il est attendu que les étudiants en formation se tiennent au courant de ce qui se passe dans leur champ disciplinaire et qu’ils soient capables de vulgariser l’information, c’est le niveau 7 : « Élabore des formats de vulgarisation et de diffusion au service de la vision stratégique ». Le descripteur du niveau 4 consiste à « évaluer la pertinence de l’information et à la diffuser de façon appropriée ». Ce descripteur semble en effet correspondre aux attentes d’un semestre 2. Selon la directrice, le descripteur du niveau 7 serait un peu la définition du transfert didactique dans le domaine de l’enseignement.

88Comme nous pouvons le constater, le « bond » que les étudiants sont censés faire en deux semestres est relativement grand puisqu’il englobe trois niveaux de la compétence. Ce « saut » nous paraît relativement important à réaliser en un intervalle de temps court bien qu’un séminaire de méthodologie soit intégré au cursus en semestre 3. Nous nous interrogeons donc sur la nécessité d’accompagner plus progressivement les étudiants dans leur acquisition des savoirs et savoir-faire menant à la rédaction du mémoire. Cela pourrait se faire sous la forme d’ateliers d’écriture ou sous la forme d’un séminaire plus réparti dans le temps.

89Les justifications des étudiants concernant leur positionnement pour cette compétence montrent qu’ils se sont centrés soit sur eux-mêmes, soit sur leur apport à leurs élèves. Le niveau 7 induit une diffusion de l’information stratégique qui inclut a priori d’autres interlocuteurs. De plus, il est question ici non seulement du contenu du cours, mais aussi des fondements théoriques de la discipline. Les étudiants ne savent pas encore chercher des informations clés de leur discipline de manière autonome pour les diffuser auprès d’élèves, de parents, de collègues et aussi de supérieurs. En effet, l’usage professionnalisant lié au traitement des informations dans la rédaction d’un mémoire n’est ici pas encore exploré au niveau académique.

FuĂźnoten

[9]

83Reformulation des justifications apportées par les étudiants lors de leur positionnement sur la compétence.

Annotate

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