Conclusion
79Les résultats de notre enquête montrent que l’expérience scolaire, qu’elle soit vécue comme positive ou négative, se caractérise par son fort enjeu personnel. Même lorsqu’elle est vécue en contexte scolaire, la littérature implique personnellement les élèves : elle s’avère propre à faire expérience, à susciter des émotions et à marquer les esprits. Pour autant, cette prédisposition n’implique pas l’adhésion automatique de toutes et tous. Le vécu littéraire n’est pas une expérience unanimement présentée comme positive.
80Ces résultats, toutefois, ne doivent pas mener, selon nous, à un constat déceptif ni de la place de la littérature au sein de la configuration disciplinaire, ni de ses pratiques d’enseignement. Ils témoignent davantage du processus de disciplination qui touche le cours de français, et en particulier l’enseignement de la littérature. Une conclusion plus générale que nous pensons pouvoir tirer de notre enquête consiste justement dans le constat d’une forte adhésion des élèves à la scolarisation de la littérature et en parallèle à une conscientisation d’une distinction à opérer entre la lecture littéraire à l’école et en dehors. Si les pratiques de lecture, en particulier en privé, ont rapidement évolué avec la place dominante que le numérique occupe dans la vie des jeunes, le rapport à la littérature à l’école n’en semble pas forcément altéré. Les élèves déjà acculturés à la littérature scolaire, par leur parcours et certainement leur contexte familial, y retrouvent les sources d’émancipation qui lui sont traditionnellement associées.