Les enjeux de l’enseignement de la lecture et de la littérature
9Les enjeux propres à l’enseignement de la lecture sont ceux qui concernent la familiarisation des élèves avec les textes et les livres, l’accès au savoir, à la réussite scolaire et à l’intégration sociale et culturelle, mais aussi la construction de l’identité personnelle et l’émancipation psychoaffective (cf. notamment Petit, 2002 ; Giasson, 2008). Au-delà de ces finalités générales, même si la terminologie et les catégories varient selon les auteurs, il est de plus en plus admis (Simard et al., 2019) que deux types de lecture sont à promouvoir de manière équilibrée à tous les âges, l’une « fonctionnelle », qui concerne la compréhension de la portée informative, documentaire ou argumentative des textes de tous types, l’autre « littéraire », qui consiste à donner de l’épaisseur et de la résonnance aux textes – quels qu’ils soient à nouveau – en recourant aux jeux de l’interprétation et de l’appréciation. Ce qui différencie ces deux postures de lecture tient moins à la nature des textes lus qu’à la manière dont ils sont lus : on peut lire fonctionnellement un texte littéraire et on peut lire littérairement un texte fonctionnel.
10Les enjeux de l’enseignement de la littérature sont d’un autre ordre dans la mesure où ils concernent moins des compétences qu’un rapport à des connaissances : il s’agit ici de familiariser les élèves avec l’institution littéraire et ses productions, de susciter une réflexion « méta » sur le fait littéraire, ses enjeux, ses valeurs, de transmettre des références culturelles nécessaires à l’intelligence (notamment historique) du phénomène littéraire, et par là de leur fournir les ressources qui leur permettront de développer des compétences interprétatives et appréciatives propres à la lecture littéraire (voir supra), mais aussi de favoriser la pratique de la littérature tant par l’écriture et l’oralité que par la lecture.
11De même que la lecture ne se limite pas à une activité littéraire, la littérature n’est pas seulement une affaire de lecture. Il est clair cependant que les compétences de lecture sont étroitement liées aux connaissances culturelles sur lesquelles elles se fondent, et donc qu’il n’est pas de lecture littéraire sans rapport aux savoirs littéraires, et inversement il n’est pas douteux que ces savoirs ont pour enjeu majeur d’enrichir les lectures et plus largement le rapport à l’existence.