Didactique de la langue : quels besoins des élèves en contexte plurilingue ?
11En ouverture de l’ouvrage, Jean-Louis Chiss (université de Paris 3) et Jacques David (université de Cergy) proposent une réflexion sur l’enseignement des langues au Luxembourg en réinterrogeant les notions de didactique et de littératie plurilingues à l’aune du système scolaire du pays. Les spécificités, linguistiques et sociolinguistiques, de l’enseignement-apprentissage du français au Luxembourg sont mises en lumière au-delà des distinctions traditionnelles entre français langue maternelle (FLM), langue seconde (FLS) ou langue étrangère (FLE). Michel Hiebel, lors de la rédaction de l’article, chef du Service des offres internationales et européennes (SOIE) au ministère de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse du Luxembourg et aujourd’hui coordinateur de projets au SCRIPT, dresse ensuite le tableau du nouveau paysage scolaire qui se profile au Luxembourg à travers l’implantation de lycées internationaux qui mettent au défi l’enseignement traditionnel des langues au secondaire. La réflexion porte en particulier sur la place du français dans l’offre scolaire internationale publique en regard des fonctions que la langue revêt au sein de la société. Les contributions de Constanze Weth, Lisa Klasen et Sonja Ugen (université du Luxembourg), pour l’enseignement fondamental, et de Florent Wurth (lycée Michel-Lucius – International School), pour l’enseignement secondaire, s’intéressent chacune à un point crucial des systèmes d’apprentissage du français en vigueur à ces deux niveaux. Weth, Klasen et Ugen observent les difficultés en orthographe grammaticale, en comparaison avec l’orthographe lexicale, à partir des marqueurs du pluriel. Les résultats de l’étude menée auprès d’élèves du cycle 47 révèlent l’efficacité des approches métacognitives dans l’apprentissage grammatical du français, tant en langue première, seconde qu'étrangère. Florent Wurth présente une analyse de l’instauration des groupes de base et avancés en cours de français au cycle inférieur du secondaire général, suite à la réforme de 2013. Souvent gérée davantage d’un point de vue administratif que strictement pédagogique, l’application de la réforme génère maints malentendus aux conséquences considérables pour les élèves, en termes d’égalité des chances en particulier. Enfin, pour clore cette première partie, Véronique Castellotti (université de Tours) propose une réflexion d’ensemble sur une approche relationnelle en didactique des langues et cultures, notamment dans le contexte luxembourgeois, pour privilégier des processus d’appropriation fondés sur l’intercompréhension.
Fußnoten
11L’enseignement fondamental se compose de quatre cycles de deux années chacun. Le cycle 1 correspond à l’école maternelle. Au cycle 2, les élèves sont alphabétisés. Au cours du cycle 4, le processus d’orientation détermine la poursuite de la scolarité dans la voie générale ou classique de l’enseignement secondaire.