Didactique de la littérature : l’enseignement-apprentissage de la littérature comme noyau disciplinaire
12À l’exception de la contribution de Myriam Kohnen (lycée Michel-Rodange et université du Luxembourg) et de celle de Tonia Raus (université du Luxembourg), Aurore Promonet (université de Lorraine) et Salvatore Rivas (université du Luxembourg / Lucet), les textes réunis dans ce chapitre émanent des participations de leurs auteur·rice·s au séminaire « Libre cours » de didactique du français au Luxembourg, entre 2019-2021. Yves Reuter (université de Lille), qui avait tenu la conférence inaugurale à la journée d’étude consacrée à l’enseignement de la littérature en cours de français (27 avril 2021), revient sur la conceptualisation menée avec son équipe de recherche autour des notions de « conscience et vécu discplinaires ». La focale est mise sur la composante littéraire de la discipline « français » au lycée, qui constitue un « noyau » où se cristallisent les débats et actualisations disciplinaires. En prenant appui sur le cadre théorique offert par les concepts de « conscience » et « vécu » disciplinaires, Tonia Raus, Aurore Promonet et Salvatore Rivas présentent les résultats de leur enquête menée auprès de lycéen·ne·s français·e·s et luxembourgeois·e·s quant à leur réception de l’enseignement de la littérature en cours de français. À partir d’un échantillon significatif des déclarations d’élèves recueillies, les auteur·rice·s éprouvent le concept de « vécu littéraire » comme l’expression d’émotions associées aux pratiques littéraires scolaires. Jean-Louis Dufays (université catholique de Louvain) revient ensuite sur la modélisation de la lecture littéraire, qu’il a largement initiée et sans cesse explorée depuis, en montrant l’évolution de la conception dialectique de la lecture littéraire, entre l’investissement subjectif des lecteur·rice·s et la réflexion distanciée. L’accent est mis sur la diversité des processus de lecture et sur l’intérêt, de fait, de s’arrêter sur ces processus mêmes, pour mieux relever les défis que posent toujours la définition des corpus de lecture, leurs mises en œuvre didactiques et les pratiques d’évaluation afférentes. Dans la foulée de cette contribution, Myriam Kohnen présente une étude contextualisée de la lecture littéraire au secondaire classique. À partir d’un corpus défini, elle interroge en particulier les enjeux éthiques liés à l’enseignement de la littérature en cours de français, en classe de sixième au cycle inférieur et en classe de seconde au cycle supérieur. En conclusion à cette partie, nous proposons la transcription de la table ronde autour des défis actuels de l’enseignement de l’histoire littéraire au lycée, organisée à l’occasion de la journée d’étude du séminaire « Libre cours » mentionnée précédemment. Hélène Barthelmebs, Jeanne E. Glesener (université du Luxembourg), Caroline Klensch (Athénée de Luxembourg) et Christophe Ronvaux (université de Genève) ont discuté le renouvellement du « rapport à » l’histoire littéraire au lycée, à l’aune des récentes recherches en historiographie interculturelle, déterminantes pour le champ littéraire luxembourgeois, mais aussi à l’aune de l’importance prise par les études de genre, en particulier quant aux corpus scolaires.